Jean-Pierre est un homme fidèle.
Fidèle à ses racines. Tous ses livres se passent en Auvergne.
Il y a le froid, la terre qui craquèle, la vie rude de ceux qui n’ont pas ou peu d’argent. Certains hommes sont rudes. Violents. On ne se fait pas souvent de cadeaux quand la vie ressemble à une lutte.
Dans les livres de Jean-Pierre souvent, les femmes sont les victimes. Victimes des drames sourds, que cachent les familles. On prend soin d’étendre des voiles sur les tragédies cachées et c’est comme si elles n’avaient pas eu lieu. On efface les faits, ils n’ont jamais existé et sans honte, on marche la tête haute. Et tant pis pour ceux qui payent. Qui parfois cherchent leurs origines.
Je disais parfois à Jean-Pierre que j’avais chopé la grippe. Il me demandait où, je répondais : Dans ton dernier livre… S’il te plaît le prochain, qu’il ait lieu dans un endroit chaud… Je ne te demande pas une femme fumant au bord d’un yacht sur la côte d’Azur. Non. Mais il existe beaucoup de pays pauvres où les rapports sont durs, mais au moins où il fait chaud !… Jean-Pierre riait de son rire tranquille et je savais qu’il ne dévierait pas de sa route.
La mort de son frère l’a profondément atteint. Sans plaisanter cette fois, je lui ai demandé s’il allait écrire sur ce frère tant aimé. Il a juste secoué la tête. La pudeur…
Nous allons lire ce dernier livre de Jean-Pierre au titre évocateur. Nous attacher au dernier mot de ce roman. Et en le refermant nous aurons la nostalgie de ceux qu’il aurait pu continuer d’écrire.
Nadine Trintignant
